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Première grossesse : quel âge pour les femmes ?


De nos jours, l’âge des femmes françaises au moment de leur première grossesse est de plus en plus élevé. Longues études, envie de « profiter de la vie », difficulté à trouver une situation professionnelle stable ou une vie sentimentale équilibrée, tous ces facteurs contribuent à faire reculer l’âge du premier enfant. En 1970, l’âge moyen de la mère à l’arrivée du premier enfant était de 24 ans. En 2009, il est de 30 ans, et l’on estime qu’un nouveau-né sur cinq a une mère âgée de 35 ans ou plus.

On estime à 28 000 le nombre de femmes quadragénaires ayant accouché en 2007, alors qu’elles étaient environ 8000 30 ans avant. Alors bien sûr, les temps changent, mais le temps qui passe change les choses aussi.

Ce n’est pas parce que l’on se sent encore très jeune aux abords de la quarantaine, que notre corps répond de la même façon qu’à 20 ans. Difficultés à tomber enceinte, grossesses à risques et autres pressions sociales sont le lot quotidien de beaucoup de femmes qui attendent trop longtemps pour connaître leur première grossesse.

Question de santé

La perspective de connaître une première grossesse après 35 ans semble de plus en plus normale, voire inévitable, pour bon nombre de femmes de nos jours. Mais la première difficulté est d’ordre sanitaire. En effet, s’il semble acquis que la pleine période de fertilité pour une femme se situe entre 20 et 30 ans et s’étend jusqu’à 35 ans, elle ne cesse de décliner jusqu’à la quarantaine… A titre exemple, la probabilité d’avoir un enfant est de 25% par cycle à 25 ans, 12% à 35 ans et 6% à 40 ans. Après 42 ans, les chances de connaître une grossesse spontanée se réduisent considérablement.

Pour optimiser leur chance de tomber enceinte facilement, les femmes ont donc tout intérêt à s’y prendre avant 40 ans. Mais il ne faut pas non plus négliger les risques liés à une grossesse tardive. Le risque de faire une fausse couche augmente de façon spectaculaire avec les années : il est de 12% à 25 ans, 20% à 37 ans et 30% à 43 ans (sources INED). L’autre risque majeur est celui lié à la présence d’une anomalie chromosomique : passé 35 ans, ce risque croît notablement. On l’évalue à 0,5% entre 35 et 37 ans, 1,5% à 38 ans et 4% après 40 ans. Ce risque est évidemment accru chez les mères qui consomment de la drogue, de l’alcool ou du tabac durant leur grossesse. Enfin, plus l’âge de la première grossesse est tardif, plus l’enfant risque de développer des pathologies – problèmes thyroïdiens, diabètes, hypertension. Pour la maman, plus la première grossesse est tardive, plus les risques de césarienne ou d’accouchement problématique sont également élevés.

Je de société

Derrière les chiffres, qui ne reflètent que des tendances et n’empêchent pas les exceptions, subsiste cette réalité : pour beaucoup de femmes, il est tout à fait possible, et donc envisageable, d’avoir un enfant à 35 ou 40 ans sans connaître le moindre problème. L’enfant est en parfaite santé, la maman se porte comme un charme, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais attention, n’est pas Rachida Dati, Daphné Roulier, Naomi Watts ou Halle Berry qui veut ! Si la presse people a beau jeu de glorifier ces mamans célèbres épanouies sur le tard, dans la « vraie vie », celle sans tapis rouge ni flashes qui crépitent, c’est souvent assez différent. Pour beaucoup de femmes, le plus difficile à affronter reste encore le regard des autres – famille, entourage socio-professionnel…

Il y a d’abord le problème de la différence d’âge avec l’enfant. Tania nous confie : « j’ai connu ma première grossesse à 39 ans, et beaucoup de gens m’ont tout de suite demandé si cela ne me gênerait pas d’avoir 50 ans lorsque mon enfant en aurait 10, 60 quand il en aurait 20… comme si c’était la seule préoccupation.

Inévitablement, avec l’âge vient tout un lot de questions : aurai-je l’énergie suffisante à 40 ans pour m’occuper d’un nouveau-né ? Quelle incidence cette première grossesse tardive aura-t-elle sur ma vie sexuelle, ma vie de couple, ma vie professionnelle ? Car bien souvent, les femmes qui ont un enfant entre 35 et 40 ans sont en plein essor professionnel, sont parfois cadres ou occupent des postes clés, et le fait de mettre leur travail de côté (même pour un temps) pour se consacrer à leur enfant peut être mal perçu par leur employeur. Il s’agit encore une fois de faire valoir ses droits auprès de son entreprise, et de trouver le bon équilibre entre les responsabilités de parents et celles de travailleurs. Rien n’oblige à sacrifier l’une pour l’autre, à condition de savoir s’organiser et de ne pas se laisser dépasser. Avoir un enfant, a fortiori lorsqu’on a de lourdes responsabilités professionnelles, prend toujours beaucoup de temps et d’attention, il est d’autant plus important d’éviter le stress et de hiérarchiser les priorités.

Problèmes et solutions

Comme on l’a vu, les problèmes auxquels sont souvent confrontées les femmes qui essaient d’avoir un enfant « sur le tard » sont avant tout liés à la fertilité. Passé 35 ans, les chances de tomber enceinte à chaque cycle s’amenuisent. Et n’oublions pas non plus que la fertilité des hommes décline après 35 ans (le taux de fertilité optimal est entre 30 et 34 ans…) Tous ces facteurs font que de nombreux couples sont obligés d’avoir recours à des méthodes de procréation médicalement assistée (insémination, fécondation in vitro, transfert d’embryon…).

En France entre le début des années 80 et 2009, le nombre de naissances par procréation médicalement assistée a été multipliée par près de 18, passant de 1000 à 17 791. Considérant qu’un couple sur six rencontre des difficultés à concevoir un enfant au bout d’un an, il n’est pas étonnant de constater que beaucoup de couples se tournent vers ces méthodes lorsque la manière « naturelle » ne fait pas ses preuves.

Mais face au temps, même la science ne peut pas faire de miracles. Le taux de succès pour les fécondations in vitro est de 20% avant 37 ans, puis il décline rapidement pour n’être plus que de 7% en moyenne à 40 ans. Idéalement, pour une fécondation in vitro comme pour une grossesse naturelle, il est recommandé aux femmes de s’y prendre avant 35 ans. Lorsque vous avez décidé d’avoir un enfant, si au bout de six mois à un an de tentatives infructueuses vous n’êtes toujours pas tombée enceinte, il convient de consulter votre gynécologue, qui vous orientera vers un bilan de santé et d’éventuels tests de fertilité. Il n’est pas rare aussi de devoir vérifier toutes les mises à jour de vaccinations pour éviter tout problème en début de grossesse. Dans tous les cas, n’envisagez pas tout de suite le pire.

Même si vous avez plus de 35 ans et que vous vous inquiétez à propos de votre première grossesse, sachez que tomber enceinte n’est pas une science exacte, que l’ovulation n’arrive pas systématiquement le même jour et qu’il vaut mieux avoir une vie sexuelle régulière, harmonieuse et décontractée, que se fixer des impératifs et vivre la chose comme une contrainte. A 40 ans comme à 20, par voie naturelle ou par voie médicalement assistée, la perspective d’avoir un enfant est une belle aventure à vivre à deux. Même si elle se pare de quelques difficultés ou épreuves, n’oubliez pas de la vivre comme un bonheur.





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